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2012 décembre Les Guaranis, peuple de la Lumière Imprimer Envoyer
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47 millions d’Indiens vivent sur le continent américain, dont 43 millions en Amérique latine, regroupant 100000 Guaranis. Au fil des siècles, ces populations indigènes ont fait preuve de force et de persévérance, pour être reconnus, avant tout, comme êtres humains.

Rencontrer des Indiens guaranis au XXIe siècle n’est pas impossible. En séjour à Misiones, au nord-est de l’Argentine, vous pourrez les croiser: ils vous accueilleront avec un sourire chaleureux, les bras ouverts, et seront fiers de vous raconter leur histoire. Ils parlent «guarani», et certains d’entre eux ont appris l’espagnol et l’anglais. C’est dans cette province de Misiones que tout a commencé. Dans la région où se croisent les frontières de l’Argentine, du Brésil et du Paraguay, les Guaranis ont survécu à l’esclavage des colonisateurs espagnols de 1610 à 1768, grâce à la présence des pères jésuites, qui les ont rassemblés en 30 villages ou «Réductions», constituant la «République» jésuite des Guaranis. En 1768, ils sont de nouveau persécutés, mais resteront fermement enracinés dans leur terre.

Peuple de la terre

Au fil des années, les Guaranis chassés de leur terre vivent à l’écart de la société: tout en s’adaptant à l’évolution des temps, ils conservent leurs traditions, leur manière de vivre en communauté, de parler le guarani, de pratiquer leur religion, de chasser et de travailler. La musique, le chant et le travail artisanal ont toujours imprégné leur quotidien, effaçant ainsi le goût amer de la pauvreté dont ils souffraient.  

Peuple de la renaissance

C’est en 1978, que deux communautés de «Mbya» guaranis décident de se prendre en charge et de fonder chacune un village: Fracrán et Peruti. Pour assurer leur développement durable, ils font appel à des ingénieurs, menuisiers, agronomes, médecins, mais surtout à des professeurs, et fondent des écoles. Étant illettrés, ils savent que l’éducation les sauvera et leur permettra d’acquérir leurs droits de citoyens. «Leurs campements étaient au bord des routes, raconte le père Sélim Abou, ancien recteur de l’USJ, et “ami” des Guaranis. Vingt personnes vivaient dans une même case. Les filles étaient victimes d’abus sexuels. Leur chef religieux a tenu à créer des écoles pour éduquer les jeunes.» Toutefois, cet élan des Guaranis suscite soit l’indifférence des «blancs», soit leur mépris. Pour «eux», de pauvres paysans et fainéants ne pourraient jamais réussir.

Peuple de la culture

En 10 ans, et contre toute attente, le pari est relevé: Fracrán et Peruti sont des constructions solides à tous les niveaux. Leurs expériences se sont multipliées dans d’autres communautés. À partir de 1990, les Guaranis sont reconnus socialement et juridiquement. Ils ont le droit de promouvoir leurs traditions et leurs valeurs, et de voter comme tout autre habitant du pays où ils vivent. C’est une nouvelle ère pour les Guaranis. Ils ont remplacé l’arc et la flèche par le dialogue, l’éducation et la culture. Les jeunes ont enfin accès à l’enseignement supérieur: Carina fait des études de droit. Martin a obtenu une bourse pour faire des études en médecine à Cuba. D’autres occupent différents postes dans la société et sont rémunérés par l’État: Jorje parle guarani, espagnol et anglais: il est guide touristique. Catalino est enseignant. Quant à Javier, il est attaché au ministère de l’Agriculture, comme promoteur de projets de développement, dans les communautés de la province.

En 30 ans, ils sont devenus de vrais citoyens vivant librement et dignement. Ils entrent enfin dans la lumière. 

Peuple de l’amour

Rencontrer les Guaranis, c’est recevoir d’eux une affection attendrissante. C’est croire que la force de l’amour existe encore. Sans vous connaître, une petite fille de 9 ans vous fera de fabuleux colliers à la main, qu’elle vous offrira en signe d’amitié. Rencontrer les «amis» des Guaranis, qui veillent sur eux, c’est surtout croire que les anges existent sur terre: pendant 30 ans, et aujourd’hui encore, Marisa Luisa Micolis, ancienne ministre de l’Éducation dans la province de Misiones et le père Sélim Abou veillent à l’épanouissement de ces deux villages et de leurs habitants. Ils ont cru en la valeur de ces êtres humains, sans juger leur apparence, et leur mission auprès d’eux a fait des merveilles. La maison de Marisa est aussi celle des Guaranis qui viennent y trouver refuge et amitié.  

Une belle leçon d’humanité

«Nous voulons être respectés», confient les Guaranis. Ils souhaitent vivre et être acceptés dans leur différence, qui est surtout une richesse pour les autres populations du pays. «Au Liban, nous avons également la chance de vivre en côtoyant de nombreuses communautés qui ont chacune leur spécificité, affirme le père Sélim Abou. Ce qu’il faut, c’est travailler à la “libanité” de tout le monde. Atteindre l’unité dans la différence et croire à la valeur de ce pays. Cette ouverture aux autres est fondamentale à vivre. L’être humain est d’autant plus lui-même, qu’il est ouvert aux autres.»  

Livre à paraître : Les Mbyas Guaranis. Le temps de la reconnaissance. Écrit par le père Sélim Abou avec la collaboration de Marisa Micolis (pour mieux connaître l’évolution des Guaranis et leur histoire actuelle). 

Stéphanie JABRE
 

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