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2008/03/01 L’émigration vide nos villages Imprimer Envoyer

L’émigration vide nos villages

 

A Bterram, comme dans tous les villages du Koura ( région du Liban nord), l’émigration est un phénomène qui existe depuis bien longtemps. Aujourd’hui encore, les jeunes quittent leur village, laissant derrière eux une population de vieux qui attend patiemment leur retour ou des nouvelles.

 

Bterram est un beau village libanais connu pour la culture des oliviers et de la vigne. Il est situé à 300 mètres d’altitude, sur le plateau du Koura adossé au Jabal el Makmel. On aperçoit de Bterram le sommet le plus élevé du Mont Liban, Kornet es-Saouda (3 088 mètres).

Traditionnellement, les principales productions agricoles de Bterram étaient l’huile d’olive, le savon, le raisin, le vin, l’arak, le miel… Entre 1885 et 1940, Bterram a même eu deux ateliers qui produisaient le fil de soie naturelle. La cheminée d’une magnanerie où étaient bouillis les cocons pour tuer les chrysalides et extraire le fil de soie est le seul vestige de cette culture florissante du début du XXème siècle. La population de Bterram était donc au départ une population rurale.

Une population très instruite

Après la seconde guerre mondiale, grâce aux écoles construites dans la région par les Américains, les habitants de Bterram et du Koura se sont instruits. Pour poursuivre de hautes études, ils ont voyagé aux Etats Unis. Aujourd’hui, on compte parmi la population de Bterram, un grand nombre de professeurs dans plusieurs domaines : médecine, biologie, génie, économie, finances, droit …

Plusieurs familles ont émigré en Australie à la recherche d’un travail plus lucratif que l’agriculture. Aujourd’hui, ce sont les pays du golfe qui attirent les jeunes.

Un village affecté par l’émigration

Bterram semble aujourd’hui déserté.Peu de gens et de voitures circulent sur les routes du village. On n’y trouve ni café, ni restaurant, ni hôtel. Les jeunes qui y restent encore attendent de trouver un travail à Beyrouth, à Tripoli ou ailleurs car l’agriculture ne les attire plus. D’ailleurs, des huit pressoirs à huile qui fonctionnaient à Bterram, il ne reste plus qu’un seul. En se promenant dans le village, on aperçoit quelques villas modernes appartenant aux personnes qui ont fait de l’argent dans les pays d’immigration. A côté de ces riches demeures, d’anciennes maisons en pierre de taille, abandonnées, tombent en ruine. Leurs propriétaires ne sont pas revenus ou bien elles appartiennent à un si grand nombre d’héritiers qu’il est difficile de les mettre d’accord pour les restaurer. Les anciennes maisons rurales rectangulaires à toit plat ont été transformées soit en poulailler, soit en garage ou même en mini supermarché. Rares sont les personnes qui les restaurent pour y habiter.

 

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