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2006/12/30 Rétrospective de l'année 2006 Imprimer Envoyer

2006, l’année de l’impossible dialogue


 


C’est la politique qui domine l’essentiel de l’actualité libanaise en 2006. Les divergences sont flagrantes entre les différents courants politiques. Qu’il s’agisse de la création du tribunal international chargé d’enquêter sur la mort de Rafic Hariri, du désarment du parti de Dieu, de la guerre d’Israël contre le Liban ou de la formation d’un nouveau gouvernement, les Libanais n’arrivent pas à s’entendre.


Si l’équipe ministérielle au pouvoir est soutenue par des États arabes, la communauté européenne, les États-Unis et le Conseil de sécurité de l’Onu, l’opposition, elle, s’aligne sur l’axe syro-iranien. L’année s’achève sur fond de crise économique profonde que peut pourtant encore sauver, la conférence d’aide internationale pour le Liban, Paris III, prévue en janvier 2007. Retour sur les événements


 


Janvier


·L’Onu répond à la demande du gouvernement libanais de créer un tribunal à caractère international pour juger les responsables de l’assassinat de Rafic Hariri. La Syrie désapprouve et met tous ses moyens en œuvre (via l’opposition) pour faire échouer le projet.


·Serge Brammertz est le nouveau chef de la commission chargée de l’enquête.


·Ghassan Tuéni est candidat au Parlement, pour le siège vacant de son fils Gebran, sauvagement assassiné.


Février


·La pétition du Million, initiative de la majorité parlementaire, demande la démission d’Émile Lahoud.


·Condoleeza Rice l’annonce : L’axe Iran-Syrie-Hezbollah menace la stabilité au Proche-Orient et au Liban.


·Actes de vandalisme à Achrafieh, pour protester contre les caricatures du prophète Mohammad, diffusées dans le monde.(photo 12 février)


·Signature d’un document d’entente entre Michel Aoun et le Hezbollah.


Mars


·Nabih Berry (chef du Parlement) lance un dialogue national élargi à 14 leaders politiques, dans le cadre du Parlement, pour débattre de questions cruciales : Relations diplomatiques avec la Syrie? le Hezbollah doit-il remettre ses armes à l’État ? Quel avenir à un tribunal international combattu d’avance par la Syrie ? Libanité des fermes de Chebaa ? 


·Le Conseil de sécurité unanimement d’accord pour la création du tribunal international.


Avril


·Un tribunal syrien émet des mandats d’arrêt contre Walid Joumblatt, Marwan Hamadé et Farès Khachan pour avoir menacé la sécurité de la Syrie. Il n’y aura pas de suite à cette provocation.


Juin


·Le mandat du juge Barmmertz est prolongé jusqu’au 15 juin 2007.


·La conférence du dialogue interlibanais piétine. Les présents sont divisés. Le président Lahoud appuie Aoun pour lui succéder et approuve l’armement du Hezbollah.


Juillet


·Le 12 juillet, le Hezbollah attaque une unité militaire ennemie en Israël et kidnappe deux soldats israéliens. Israël riposte avec une rare violence. La guerre ainsi déclenchée, se poursuivra 33 jours. La banlieue sud est massivement attaquée par l’aviation israélienne. Des centaines de milliers d’habitants sont déplacés. Plus de 80 ponts sont détruits dans tout le pays. La pollution provoquée par le déversement de centaines de tonnes pétrole dans la mer, à partir des réservoirs de Jiyeh, crée un désastre écologique sans précédent. Des millions de bombes à sous munitions sont éparpillées dans le sud. La saison touristique, qui s’annonçait fructueuse, s’effondre.


Août


·Israël impose un blocus aérien, maritime et terrestre sur tout le pays. L’essence est fortement rationné.


·Suite à la guerre de juillet, la résolution 1701 de l’Onu, renforce la mission de la Finul Plus, qui doit appuyer le déploiement de l’armée libanaise au Sud et contrôler la frontière libano israélienne.


Novembre


·Reprise du dialogue. Le jeune ministre Pierre Gemayel, proche du 14 mars, est assassiné. Dans un contexte tendu, le gouvernement appuie le texte de l’Onu qui met en place le tribunal international. La réaction est immédiate : Six ministres de l’opposition démissionnent. C’est l’impasse.


Décembre


·Les partisans du Hezbollah, Amal, CPL (Aounistes) et pro-syriens, campent dans le centre-ville pour un long sit-in. Le but ? Déloger le Premier ministre Siniora et établir un gouvernement d’union nationale dans lequel l’opposition aurait un plus grand nombre de ministres pour bloquer les décisions importantes. Le gouvernement refuse.


·Face à l’immobilisme politique, la Ligue Arabe entreprend une médiation.


 


 


C’est quand même positif…


·Décision historique : Le 14 août 2006, Le Liban décide enfin l’envoie de 15 000 soldats libanais au Sud après une absence de près de 40 ans. Sa mission : reprendre le contrôle de cette région et intercepter d’éventuels convois d’armes au Hezbollah.


·Le prix mondial de la liberté de la presse de l’Unesco/Guillermo Cano a été décerné à May Chidiac, icône de la liberté, depuis qu’elle a survécu à l’attentat de septembre 2005, dirigé contre elle.

Les aides arabes et internationales affluent pour aider à la reconstruction du Sud et de son infrastructure détruite par la guerre de juillet.
 

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