| 2004/10/16 Electricité, une denrée rare |
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Au Liban :
Électricité rime avec obscurité
Insaisissable. À peine venue, la voilà qui s’en va. Et si elle réapparaît timidement ces jours-ci, elle menace de faire une nouvelle crise dans un mois. L’électricité ? Une affaire dure à éclaircir.
L’électricité est une denrée si rare au Liban que certains la fabriquent. Il existe aujourd’hui plus de 500 000 générateurs privés au Liban qui fournissent du courant électrique, quand l’État n’en distribue pas. Soumis dernièrement à un rationnement sévère (22h de coupure par jour), l’un des plus importants depuis 1982, les citoyens ont broyé du noir, dans l’obscurité.
L’électricité : un problème à plusieurs facettes.
Les crises sont multiples. Si le courant se fait de plus en plus rare, c’est qu’il manque du mazout, pour faire tourner les centrales électriques. L’EDL manque d’argent pour acheter le fioul dont le prix ne cesse de grimper. “ Le budget alloué par l’État, pour l’achat de mazout, a été largement dépassé. Il avait été fixé sur base d’un baril de pétrole à 20 US $, et voilà qu’il atteint aujourd’hui 53 $ sur le marché international ”, explique une responsable du bureau d’information de l’EDL.
Les quelques économies dont dispose l’Office sont réinvesties. Le gouvernement avance une aide de plusieurs centaines de millions de dollars, mais tout cela ne suffit pas. Où trouver l’argent ? L’EDL ne perçoit que 56% des recettes d’électricité qui lui sont dûes. Le reste représente des factures impayées, du courant volé, etc.
Des retombées néfastes pour l’économie
Les coupures répétitives d’électricité représentent de grandes pertes d’argent pour des secteurs productifs, comme les usines qui fonctionnent sans discontinuité, ou les hôtels qui assurent des services sans relâche aux touristes. Leurs frais de générateurs augmentent avec une tonne de mazout qui se vend à 450 $ et qui devient introuvable. Conséquences : Les coûts de production augmentent, les produits renchérissent, des prix vertigineux sont imposés au consommateur.
Solutions : Il y a urgence
Pour l’EDL, une solution s’impose : La subvention de L’État doit se poursuivre. Même si d’un montant actuel de 700 millions de dollars annuels, elle pourrait atteindre le milliard d’ici à la fin de l’année.
Pour certains responsables, il faut choisir : Acheter le fioul du Koweït qui le propose à des prix modérés ou augmenter l’achat d’électricité de la Syrie qui alimente en courant, certaines zones de la Békaa et du Liban nord à travers deux lignes. Pour d’autres, il faut chercher la solution dans la privatisation de l’Office de l’électricité, qui serait gérée par une société privée, ce qui barrerait la route aux abus et aux négligences dont est accusée l’administration.
Aujourd’hui il y a assez de fioul dans les réservoirs des principales centrales électriques, pour assurer le courant jusqu’en novembre. Après cette échéance, se reposeront les problèmes financiers de l’EDL et les prix élevés du fioul, si une solution radicale n’a pas été trouvée.
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