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2011 septembre Sauvetage des iris Imprimer Envoyer

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La survie de la population des iris d’Ehmej, fleurs endémiques, est sérieusement menacée. Une solution s’impose : les transplanter vers des lieux sûrs.








Une variété d’iris propre à la région du Kesrouan, pousse dans le village d’Ehmej à 1600 mètres d’altitude. Seuls quelques locaux et scientifiques aguerris la connaissent. Depuis deux ans, le destin de ces fleurs éphémères et discrètes a basculé. Les roues des tracteurs, les dents acérées des pelleteuses frayant un chemin vers des terrains agricoles établis dans les entrailles de la montagne, ont tout détruit. Les iris, sommeillant dans leur rhizome (tige souterraine), et qui attendent le printemps pour refleurir, ne verront plus le jour. Il fallait agir.

Opération 7e jour de l’USJ

Un groupe d’étudiantes en 1re année de licence en sciences de la vie et de la terre de la Faculté des sciences de l’Université Saint-Joseph rentrent en contact avec la mairie d’Ehmej, qui a déjà développé des projets éco-touristiques dans la région. Elles présentent au maire, M. Nazih Abi Semaan, leur mission de sauvetage qu’elles ont soigneusement préparée sous la direction de leur professeur d’écologie, le Dr Magda Bou Dagher Kharrat. Elles lui montrent aussi des planches avec des photos de l’iris de Sofar. Il voulait comprendre leur engouement pour cette plante dont il ignorait la valeur jusqu’à ce jour. Il les accompagne avec plusieurs membres de la municipalité vers le site menacé. Ils empruntent un chemin tortueux, qui dévoilait au fur et mesure qu’ils s’engouffraient dans les méandres de la colline, des paysages splendides. Enfin, une petite population d’iris en fleur épargnée par l’activité humaine s’offre à leurs yeux. Leur beauté et leur fragilité étaient presque insolentes.

Ces fleurs adulées par les rois, élevées au rang d’emblème dans certains pays sont martyrisées au pays du Cèdre. « Il ne s’agit pas de cupidité, note le Dr Bou Dagher Kharrat, mais tout simplement d’ignorance. Ces paysans qui ont vu, depuis leur plus jeune âge, pousser cette plante en bordure de leurs vergers ne se doutent ni de sa valeur patrimoniale, ni de sa fragilité, ni du danger d’extinction qui la guette».

 Transplanter les iris

Le paysage de désolation que les étudiantes découvrent en arrivant sur le site leur donne encore plus de courage et accroît leur volonté.
Elles s’activent en suivant les consignes de leur professeur. Il faut compter le nombre d’iris en plantant des piquets à côté de chacune d’elles. Les coordonnées GPS sont aussi relevées afin de mieux les localiser avant et après leur transplantation. Ensuite, à l’aide de grandes pelles et de pioches mises à leur disposition par la mairie, elles retirent les plantes avec leurs rhizomes entourés d’un peu de terre pour minimiser le stress de la transplantation. « Les racines et le rhizome ne doivent à aucun moment être exposés à l’air libre », explique leur professeur.

Les cent-quarante-huit plants déterrés sont mis en terre dans une zone adjacente, propriété de l’État, offrant les mêmes conditions écologiques optimales : sol léger, drainé, plutôt sablonneux, ensoleillé.

Appliquées comme des fourmis, il a fallu aux jeunes filles plusieurs heures pour effectuer la première phase de la mission. Un autre groupe d’étudiantes est retourné sur les lieux une semaine après pour finaliser le travail. La mairie s’est chargée d’arroser les fleurs durant la première semaine. La pluie du mois de mai a assuré la poursuite de l’arrosage. 

Les étudiantes sont fières de leur travail. Cependant, elles ne peuvent s’empêcher de penser aux autres populations d’iris qui n’auront pas la chance d’être découvertes et sauvées à temps et qui disparaîtront dans la plus grande indifférence. Il est temps que les Libanais soient sensibilisés à la richesse exceptionnelle de notre flore et surtout aux fleurs compatriotes confinées à nos contrées sauvages.

 

Nay KHOURY, Lamis CHAMAS

et Mariam BEYDOUN

À savoir

Une étude réalisée par le Dr Layla Saad dans le cadre de sa thèse sur les iris du Liban montre que ces fleurs sont visitées par plusieurs espèces d’insectes pollinisateurs dont les abeilles qui viennent dans ces fleurs s’abriter de la pluie ou du froid. En effet, la température à l’intérieur des tunnels de la fleur est supérieure de 2°C par rapport à la température de l’air extérieur à la levée du jour.

 L’opération 7e jour vise à former des citoyens actifs. Cette opération œuvre sur tout le territoire libanais et fonctionne sur le mode du bénévolat des étudiants et du personnel, même si les institutions académiques peuvent gratifier certaines initiatives par des crédits (travaux personnels, mémoires, stages). Elle est composée de diverses cellules dans les domaines de la santé, de l’éducation à la citoyenneté, etc. L’action sauvetage des iris s’inscrit dans la cellule reforestation et biodiversité. Elle a été réalisée avec le concours de l’ONG Jouzour Loubnan et la municipalité d’Ehmej. http://www.usj.edu.lb/7ejour/

 Jouzour Loubnan est une ONG fondée en 2008. Elle a pour mission de contribuer à la restauration de la couverture forestière du Liban en boisant essentiellement des régions arides. Aider les communautés locales à protéger, gérer, promouvoir et bénéficier du boisement est également l’une de ses prérogatives. La sensibilisation des jeunes générations à la sauvegarde et à la restauration de l’environnement et des ressources naturelles du Liban occupe une place prépondérante pour cette ONG. http://www.jouzourloubnan.org

 


 

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