| 2006/11/04 Les Khmus, peuple ancien |
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Les Khmus, peuple ancien venu de loin
À cheval entre le Vietnam et le Laos, le peuple Khmu, dans ses petits villages aux maisons sur pilotis, vit au rythme de la terre qui le nourrit.
La journée commence avant l'aube, quand le coq réveille les autres bêtes : poules, cochons, chèvres et buffles d'eau. Ces animaux ne sont pas seulement à manger, mais servent aussi de “ compte en banque ” : en cas de besoin, ils peuvent être vendus au marché. Les femmes aussi se lèvent au chant du coq et préparent à manger aux hommes qui devront se rendre aux champs avant 6 heures. Car il faut souvent plus d'une heure de marche pour y arriver, et il fait trop chaud pour travailler l'après-midi.
Durant la journée
Après les travaux des champs, les femmes tissent et brodent des vêtements pour toute la famille. Les enfants aident à la maison pendant la journée puis s'adonnent à leurs jeux favoris : Il y a le makón, un jeu d'adresse qui ressemble aux osselets et se joue avec dix bâtonnets et une balle (ou un noyau). Les garçons plus âgés sont passionnés de tàkrâw, sorte de volley-ball sans les mains… C’est impressionnant de les voir lancer un pied au-dessus de la tête pour frapper la balle en osier ! On voit aussi les tout-petits galoper à travers le village en riant, poussant un bâton muni de roues en bois, taillées à la maison.
Agriculture
Les Khmu se consacrent à l'agriculture, surtout celle du riz. Le riz “ gluant ” est leur nourriture principale. Ils le transportent dans un panier tissé porté en bandoulière, et le mangent en roulant des boulettes avec les doigts. En novembre, quand la moisson du riz est terminée, on en laisse macérer un peu pour fabriquer du vin de riz, le lao-lao, que l'on boit hors d'un grand pot commun avec une paille.
Religion et coutumes
Leur religion est l'animisme, c'est-à-dire qu'ils croient aux esprits de la nature. Chaque maison a un autel des ancêtres auquel la famille fait des offrandes. Il y a aussi, pas loin de chaque village, un grand arbre que l'on croit habité par les esprits. Les villageois s'y rendent chaque année et lui sacrifient un animal pour avoir une bonne moisson pour l'année à venir. Et chaque fois qu'un Khmu offense les esprits, il doit leur sacrifier un poulet!
Le Nouvel An se tient vers décembre. Ce jour-là on ne doit rien dépenser, et ne pas manger de légumes, car cela porterait malheur ! En revanche, il est de coutume de s'inviter les uns les autres à un festin de viande, de lao-lao et de riz gluant. C'est le chef du village qui commence la série d'invitations. Il est élu chaque année, et a pour tâche de résoudre les problèmes et de représenter son village auprès des autorités laotiennes.
Les Khmu sont une minorité ethnique, mais le peuple lao, aujourd'hui l'ethnie dominante, les considèrent comme les habitants originels du pays et leur rendent hommage, par exemple en les représentant sur leurs billets de banque. Le gouvernement laotien fait bâtir des écoles pour les villages khmu, ce qui permet aux enfants de recevoir une éducation primaire. Certains partent ensuite à la ville pour poursuivre leurs études, tandis que d'autres restent à la ferme aider leur famille.
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