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2006/10/14 L’agriculture pour éliminer la faim Imprimer Envoyer
L’agriculture pour éliminer la faim
 
 
 
Le 16 octobre, l'Organisation des Nations Unies célèbre la Journée mondiale de l'alimentation (JMA). Le thème retenu pour 2006 est “ Investir dans l'agriculture pour la sécurité alimentaire ”.
 
Chaque jour 24 000 personnes meurent de faim. 854 millions de personnes n’ont pas assez à manger pour satisfaire leurs besoins quotidiens d’énergie. Plus du quart des enfants de moins de 5 ans des pays en développement sont mal nourris. Ce déficit retarde leur développement physique et mental et menace leur survie. En 1996, les chefs d'État et de gouvernement de plus de 176 pays se sont engagés à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde avant 2015. Ils ont reconnu la nécessité d'investir dans l'agriculture comme un élément fondamental pour réduire la faim. L'agriculture est au cœur de l'économie de la plupart des pays en développement. Les statistiques de la FAO montrent qu'au début du nouveau millénaire, 2 milliards et 57 millions de personnes tiraient leurs moyens de subsistance de l'agriculture, la chasse, la pêche ou la foresterie. Ce chiffre représente 42% de la population mondiale.
 
Croissance agricole et faim
 
La croissance agricole réduit pauvreté et faim davantage que la croissance urbaine ou industrielle. Par exemple, le seul groupe de pays à avoir réduit la faim dans les années 90 a été celui qui a vu croître son secteur agricole. Or aujourd’hui, 70% des personnes souffrant de la faim dans le monde vivent dans des zones rurales, où l’agriculture joue un rôle primordial. Mais les petits agriculteurs peuvent à peine nourrir leur famille pendant toute l'année et racheter engrais, semences et équipements de base. Seuls investisseurs, ils sont confrontés à de nombreux obstacles : absence de crédit, mauvaise qualité des transports, faiblesse des prix et relations commerciales insuffisantes avec les industries, sans compter les facteurs naturels comme la sécheresse, les inondations, les ravageurs et les maladies. Si les États investissent dans les infrastructures rurales, en particulier l'eau, les routes, l'électricité et les communications, les bénéfices pour l'agriculture et les ménages pauvres des zones rurales peuvent être spectaculaires.
 
Agriculture et dialogue des cultures
 
À travers l'histoire, le mouvement d'échange des semences et des espèces d'élevage a révolutionné les régimes alimentaires et réduit la pauvreté. Importée d'Amérique du Sud au XVIe siècle, la pomme de terre, qui pousse rapidement et de manière économique, a aidé les populations du nord de l'Europe à lutter contre les longues périodes de disette. Le maïs, originaire d'Amérique, nourrit actuellement une grande partie de l'Afrique. L'Europe et l'Afrique ont apporté leurs plantes aux Amériques, comme le café, le raisin et le blé. L'introduction du dromadaire en Afrique, venu d'Arabie, a permis aux gens de vivre et de voyager dans des environnements plus extrêmes et d'ajouter des protéines issues de la viande et du lait à leur régime alimentaire.
 
Aujourd’hui, les agriculteurs démunis ne peuvent être concurrentiels sur le marché international. Les pays riches ferment leurs frontières à leurs marchandises, alors que leurs produits agricoles sont subventionnés et vendus dans les pays pauvres à des prix équivalents, voire inférieurs aux coûts de production locaux.
 
L’agriculture emploie 70% des enfants
En 2006, plus de 150 millions d’enfants de moins de 18 ans travaillent dans l’agriculture, un travail forcé et dangereux. Durant de longues heures, ils utilisent souvent des outils conçus pour des adultes, portent des charges trop lourdes et manipulent des machines dangereuses. Les enfants travaillant dans l’agriculture sont également exposés aux pesticides toxiques, aux poussières nocives et à des conditions hygiéniques malsaines. Mais leur participation contribue à la création de revenus du ménage, ce qui améliore les moyens d’existence de la famille. Lorsque les enfants sont forcés à travailler, cela nuit à leur assiduité scolaire ou à leur formation professionnelle. Or l’instruction est une condition essentielle à la réduction de la pauvreté, à l’amélioration de l’agriculture. C’est donc une question très complexe à laquelle sont confrontés les représentants de la FAO, les organisations agricoles internationales ainsi que l’Organisation internationale du travail (OIT).
 

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