| 2003/01/25 Corée du Nord: menace nucléaire |
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Corée du Nord : la menace nucléaire.
Pour riposter contre l’interdiction de vérifier la bonne distribution des vivres, les Etats-Unis ont suspendu leur aide à la Corée du Nord. Le gouvernement nord-coréen se retire alors de l’accord de non-prolifération nucléaire signé en 1994. George Bush accuse le pays de se doter secrètement d’armes nucléaires.
Pour les Etats-Unis, la suspension des vivres n’a rien à voir avec le réarmement nucléaire, mais ils promettent une meilleure aide si la Corée du Nord accepte de collaborer dans cette affaire. Officiellement, la raison de l’arrêt de l’aide est le refus de Pyongyang (la capitale) de laisser des inspecteurs de l’ONU vérifier que l’aide acheminée arrive aux plus nécessiteux. Pour Andrew Natsios, patron de l’agence américaine pour le développement, 80 % des aides sont détournées pour des motifs politiques ou de corruption et ce sont l’armée et les hauts fonctionnaires qui en profitent. L’Onu a envoyé sur place un émissaire, Maurice Strong, pour étudier la situation humanitaire.
Un pays isolé
La Corée du Nord réclame des Etats-Unis une garantie de non-agression. Ce pays, l’un des derniers bastions du communisme* dans le monde, est fermé sur lui-même. Il ne possède ni Internet ni téléphone portable. Le peuple, soumis à la dictature du président Kim Jong Il, vit dans la terreur. Pour preuve, un million de personnes sont descendues dans la rue pour appuyer le retrait de la Corée du Nord du traité de non prolifération des armes nucléaires, brandissant des portraits de leur président. Les voix d’opposition sont inexistantes, les journalistes étrangers sont surveillés, l’une des deux chaînes télévisées est contrôlée par l’Etat. Tous les soirs les citoyens regardent le même film sur la guerre à la télévision.Sur les places publiques, on diffuse de la musique militaire et la propagande contre l’agresseur américain est acharnée.
L’économie du pays est par terre, l’agriculture a des rendements dérisoires, les usines ne produisent plus rien, sauf les usines d’armements qui emploient 15000 à 20000 prisonniers des camps de concentration…
Pour les analystes, la dictature nord-coréenne est en fin de course et n’a plus rien à perdre. En menaçant les Etats-Unis et les pays avoisinants d’une attaque nucléaire, elle joue quitte ou double. Si George Bushreconnaît le pouvoir de la Corée du Nord, la pérennité du régime de Kim Jong Il sera assurée. Déjà, Pékin (Chine), Moscou (Russie) et Séoul (Corée du Sud) ont reconnu la légitimité du président nord-coréen. Car si le pouvoir tombait, 23 millions d’habitants pauvres et démunis se rueraient vers la Chine et la Corée du Sud.
Pari gagné ? Pas encore, mais pour l’Occident ce qui compte d’abord c’est de dissuader la Corée du Nord d’entreprendre des essais nucléaires. La Chine a proposé d’accueillir les pourparlers entre Washington et La Corée du Nord. La Russie envoie un émissaire. Une délégation australienne se rendra bientôt à Pyongyang. Le délégué américain s’est rendu à Pékin et dans les deux Corées. Pour le diplomate américain, résoudre la crise nucléaire avec la Corée sera certainement un processus difficile.
*Système politique et économique né en ex-URSS, où tout appartient àl’Etat et où les classes sociales sont inexistantes.
La Corée du Nord dans l’histoire
Fiche technique
Superficie : 150 540 km2
Habitants : 24,3 millions.
Capitale : Pyongyang (1 million d’habitants).
Langue : chinois.
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