| 2011/05 Les enjeux du pétrole |
|
|
En un siècle, le développement économique s’est accompagné d’une dépendance croissante à l’égard du pétrole. Il occupe la première place en matière de consommation mondiale d’énergie mais suscite aussi de nombreuses tensions.
Le pétrole satisfait aujourd’hui 35% des besoins mondiaux en énergie primaire. Ses atouts : il est facile et économique à produire (à la différence du charbon), à transporter (à la différence du gaz) et à stocker (à la différence de l’électricité). Les grands foyers de production du pétrole se trouvent pour l’essentiel au Moyen-Orient (deux tiers des réserves mondiales) loin des principales zones de consommation : Amérique du Nord, Europe, Japon, et plus récemment les pays émergents, Chine et Inde en tête. Cette répartition géographique rend pays consommateurs et pays producteurs dépendants les uns des autres et donne lieu à un commerce mondial de l’énergie Enjeux économique et politique
Comment sont fixés les prix du pétrole ? Cette situation a changé avec les nationalisations des années 1970 et la création de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) dont l’un des buts était de contrôler le prix posté et d’imposer des hausses substantielles. Mais en raison de ces nationalisations, l’industrie pétrolière qui était verticalement intégrée du puits à la pompe s’est scindée entre, d’un côté, les acteurs contrôlant la production (les compagnies nationales des États producteurs) et, de l’autre, ceux prenant en charge le raffinage et la distribution (les compagnies pétrolières internationales, généralement occidentales et privées). C’est de cet éclatement entre les activités de production et celles de commercialisation, et du besoin de faire se rencontrer une offre et une demande relevant désormais d’acteurs différents, qu’est né le marché entre les producteurs et les raffineurs, sur lequel le prix (dit «spot») se détermine par l’équilibre entre l’offre et la demande, comme sur n’importe quel marché.
La consommation mondiale de pétrole atteignait en février 2011 89,8 millions de barils par jour (M b/j) et la production mondiale, 88,2 M b/j
Il sera intéressant, dans les mois qui viennent, de suivre deux choses. D’une part, l’impact de la révolution en Libye sur la production de pétrole qui atteignait environ 1,5 M b/j pour l’export fin 2010. Et d’autre part, l’impact des catastrophes naturelles et nucléaire au Japon, ce pays représentant 5% de la consommation mondiale de pétrole.
Les pays membres de l’OPEP
Andrée HADDAD
|















