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2011/03 Le 8 mars, journée dédiée à la femme Imprimer Envoyer
journee_femme_site.jpgLa Journée de la femme est une occasion de faire le point sur la condition de la femme au Liban et d’évaluer le chemin qui reste à parcourir pour qu’elle puisse participer à la société à pied d’égalité avec les hommes. Et pour que cette journée soit pleine de sens, des rencontres ont été réalisées avec des femmes qui s’investissent dans la fonction publique, dans le monde des affaires, de l’informatique et de la culture.

Un peu d’histoire
C’est à l’occasion de la 2e conférence des femmes socialistes que l’on proposa de créer une Journée internationale des femmes. Mais la date n’a pas été réellement fixée. Ce n’est que suite à la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg au cours de la Révolution russe, en 1917, que le 8 mars sera définitivement désigné comme le jour dédié aux femmes, en souvenir de leurs luttes et de leurs combats.

Femme: tu as des droits !

La discrimination à l’égard des femmes est une triste réalité au Liban. Abir Abdel Samad, chef de département de la femme au ministère des Affaires sociales, explique.
Droit au vote, droit à la candidature, reconnaissance de son diplôme comme pour l’homme ; la femme libanaise a acquis au fil des années, de nombreux droits civils et politiques, grâce à la persévérance de plusieurs militants (ONG et associations) et du combat permanent du ministère des Affaires sociales, seul ministère au Liban à posséder un département pour la femme. « Des progrès sont palpables mais insuffisants pour une société multiculturelle, ouverte au monde comme la notre. Il est essentiel que la femme acquière tous ses droits », affirme Abir Abdel Samad.

Inégalités révoltantes
La principale inégalité réside dans le fait que la femme libanaise n’a pas le droit de donner sa nationalité à son mari et à ses enfants, si elle épouse un étranger. Tandis que l’homme peut le faire, 3 ans après son union avec une femme étrangère. Les principales raisons données sont d’ordre politique et démographique, mais demeurent non probantes.
« De nombreux efforts sont déployés, afin d’améliorer le statut personnel de la femme», explique Abir Abdel Samad. Malheureusement, selon la confession, la situation varie concernant la tutelle, l’âge de la garde des enfants, le droit à l’héritage, au divorce... ».

Pénalités injustes
Devant la loi libanaise, hommes et femmes ne sont pas toujours égaux. Les pénalités frappant l’homme sont allégées, voire inexistantes, dans les cas où la victime est une femme.

• Le crime d’honneur : L’homme seul bénéficie d’une excuse atténuante (quelques années de prison) pour son crime. Or, cette indulgence n’est pas accordée à la femme. De plus, si elle-même est victime d’un meurtre commis par un membre de sa famille, on prétend qu’elle s’est suicidée.

• L’adultère : Le châtiment affligé est plus favorable aux hommes qu’aux femmes adultères qui passent une période plus longue en prison.

• Le viol : Si l’homme épouse la femme qu’il a violée, il est disculpé. Par conséquent, outre les souffrances physiques et morales, la femme doit subir également les pressions de son entourage et l’autorité de son violeur. Pire encore, lorsqu’une femme est violée par plusieurs hommes, si un seul l’épouse, tous les autres sont innocents. De plus, le viol conjugal n’est pas considéré comme un crime. Si une femme mariée est violée par son mari, elle ne peut même pas se plaindre, vu que la loi ne la protègera pas.

Actions durables
Diverses actions sont menées par le département de la femme au ministère des Affaires sociales pour combattre la violence à l’égard de la femme :

– Formation d’assistantes sociales dans toutes les associations et ONG alliées au ministère, afin qu’elles sachent écouter les plaintes des « survivantes » et les orienter.

– Logement gratuit et réhabilitation dans des centres d’accueil des femmes violentées.

– Élaboration d’une loi contre la violence à l’égard des femmes, en partenariat avec KAFA*. Celle-ci a été approuvée par le Conseil des ministres et attend d’être votée au Parlement.

– Encouragement à la participation politique des femmes dans les communautés locales : formation aux prochaines élections municipales et parlementaires.

– Adoption de la « gender mainstreaming approach » qui vise à intégrer la dimension de l’égalité entre les hommes et les femmes dans toutes les actions menées afin de garantir la participation durable des femmes.

Changement probable
« Porter sur l’autre un regard tolérant, le traiter d’égale à égale, compter sur le pouvoir des jeunes et surtout exiger des lois qui reconnaissent tous ses droits à la femme , voilà ce qu’il faut pour que la situation des femmes s’améliore au Liban », conclut Abir Abdel Samad.

 

* KAFA est une organisation libanaise luttant contre les formes d’exploitation et de violence envers les femmes.

Cette journée sera officiellement proclamée par les Nations-unies en 1977.

 

 

Stéphanie JABRE
 

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