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2010/12 Liban : La sècheresse menace Imprimer Envoyer
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Les précipitations de pluie, les chutes de neige, le débit des sources, sont à revoir aujourd’hui à travers l’impact d’un changement climatique au Liban. Explications.

 

Messieurs Wajdi Najem* et Michel Efrem** évaluent les conséquences d’un réchauffement mondial de la planète et son impact sur le Liban, au cours d’une conférence organisée par le Rotary Club de Beyrouth. La bonne nouvelle, c’est que le Liban est un pays à 100% indépendant en ce qui concerne ses ressources hydrauliques. La quantité de ses précipitations représente environ 9000 millions de m3/an dont 15 % sous forme neigeuse. Il utilise 72% de ses ressources d’eaux souterraines. Moins réjouissant est le fait qu’« une hausse de température de 2 à 4°C d’ici la fin du siècle entraînerait des modifications dont les effets les plus significatifs se feraient sentir sur le cycle de l’eau (disponibilité) et sur l’enneigement et ses conséquences sur les régimes des sources et des fleuves libanais », explique M. Najem.

 

Impact sur l’enneigement

Quelle que soit la raison (dioxyde de carbone dû à l’activité humaine ou cycles périodiques de glaciation puis de réchauffement de la planète), il y a un changement climatique qui nous affecte profondément. Cela fait deux ans que la saison sèche commence plus tôt et dure plus longtemps, font remarquer les conférenciers. « 60% de la superficie du Liban pourrait être exposée à la désertification, observe M. Efrem si des mesures ne sont pas prises au niveau national ».

Dans les conditions climatiques normales, le stock de neige accumulé tout au long de l’hiver peut être estimé à 1200 millions de m3, ce qui est considérable (5 à 6 fois la capacité de stockage du barrage de Qaraoun). « Un réchauffement de 2° C réduirait ce stock à 700 millions de m3, un réchauffement de 4°C à 350 millions de m3 ». Perte énorme pour le Liban.

Ces stocks neigeux permettent d’alimenter les cours d’eau et les fleuves et par conséquent le système d’irrigation. « Normalement le stock neigeux va fondre en avril, mai, juin et même juillet à la fin de la saison des pluies, quand la demande en eau d’irrigation est au maximum. Or, une élévation de la température va accélérer la fonte des neiges et augmenter le débit des fleuves en décembre, janvier, février, alors que la demande d’utilisation est faible ». Mauvaise irrigation et saisons chaudes précoces affectent les plantations agricoles. «Le rendement des cerisiers a été faible cette année, et la plantation du blé a pris du retard», fait remarquer M. Efrem.

Solutions

Augmentation des espaces verts, législation qui protège les forêts, meilleure gestion de l’eau, réparation des canalisations, recyclage des eaux usées, construction de barrages… Les solutions sont connues mais coûteuses et les études s’entassent dans les tiroirs des responsables, sans espoir d’exécution. Primordial, une sensibilisation de la population à l’importance de l’eau et à son utilisation.

 

* M.Wajdi Najem, vice-recteur de l’Administration de l’USJ, directeur du Centre Régional de l‘eau et de l’Environnement de l’ESIB (CREEN).

** M.Michel Efrem, directeur général de l’institut de recherche agronomique au ministère de l’Agriculture.

 

Médéa TOUBIA

 

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