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Quel air respirons-nous ? Imprimer Envoyer
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Bientôt les habitants de Beyrouth connaîtront la qualité de l’air qu’ils respirent et seront alertés en cas de pic de pollution ! M. Wehbeh Farah explique.

Que de fois, quand il fait lourd et chaud, vous voyez flotter, au-dessus de Beyrouth ou de la mer, un nuage gris. C’est la pollution !

Avant 2004, date du début du projet « La pollution de l’air à Beyrouth. Mesures et modélisation » il n’y avait pas de mesures systématiques de la pollution de l’air pour la ville de Beyrouth. La phase I du projet s’est donc attelée à le faire.

 

Deux réseaux pour mesurer les polluants

 

Le premier réseau est la station fixe placée dans la forêt des pins. Les analyseurs qui s’y trouvent mesurent divers polluants en continu. « Ne pouvant prendre en considération tous les polluants, nous avons choisi, en nous basant sur les données fournies par l’OMS, ceux qui sont néfastes pour la santé, précise M. Farah. Nous avons ainsi mesuré le monoxyde de carbone et les oxydes d’azote (dégagés par les moyens de transport), le dioxyde de souffre (d’origine industrielle), les particules en suspension (sable, poussière…) et l’ozone. »

Sur le toit de la station, un mât météorologique a été placé pour mesurer la température, l’humidité, la vitesse et la direction du vent.

Les capteurs passifs forment le second réseau. Ils ont été installés dans 23 points d’observation. « La mesure de la pollution est un travail délicat. On ne peut placer les capteurs près d’une source de pollution. Ils ont donc été installés à 150 m des avenues principales (où le flux des voitures est très important) et à 30 m des flux moyens. Les mesures des capteurs sont relevées et analysées tous les 15 jours. »

 

Des polluants néfastes pour la santé

« Les analyses, explique M. Farah, montrent qu’à Beyrouth, la teneur en dioxyde de souffre de l’air est plus basse que les valeurs admises par l’OMS. Par contre, le dioxyde d’azote est plus élevé. Ceci confirme, d’une part, la faible activité industrielle autour de la capitale, et d’autre part, les graves problèmes de pollution causés par le trafic routier et les activités humaines : air conditionné, générateurs privés, déchets brûlés… Les particules en suspension dans l’air ont en général des valeurs basses mais avec des pics quand souffle le khamsin. Leur concentration a atteint des records durant la guerre de juillet 2006 ! »

 

Des facteurs aggravants

À Beyrouth, la pollution de l’air est aggravée par plusieurs facteurs. 

Les plus marquants sont le parc automobile très dense et le manque d’espaces verts ! En effet, 90% de la surface de la capitale est urbanisée et Beyrouth est reliée au nord et au sud du pays par des voies express. De plus, les précipitations sont trop faibles pour avoir un effet lessivant sur les polluants. Il ne pleut à Beyrouth que 50 à 55 jours par an ! La vitesse des vents est faible (2 à 3 mètres par seconde), et la brise de montagne empêche le vent de transporter les polluants plus haut car Beyrouth est adossée à la montagne.

Enfin, on assiste dans la capitale au phénomène des « rues canyons ». La construction d’immeubles très élevés de part et d’autre de rues étroites, empêche les polluants de s’échapper. Ils stagnent sur place !

 

L’indice de qualité de l’air pour bientôt !

Au cours de la seconde phase du projet (2008 – 2011), deux nouvelles stations fixes ont été installées : une à la rue Huvelin et l’autre au Collège Protestant.

De plus, une unité de recherche associée au CNRS libanais et à l’Université américaine (AUB) a été formée. Son objectif est d’établir un indice regroupant les polluants néfastes pour la santé et d’informer quotidiennement la population de Beyrouth sur la qualité de l’air via la presse écrite ou télévisée.

« Nous cherchons aussi une procédure d’alerte en cas de pic de pollution. Car parallèlement aux mesures effectuées, nous observons l’impact de la pollution sur la santé. Durant les pics de pollution, nous sommes en contact direct avec les hôpitaux pour savoir si le nombre de patients qui ont une gêne respiratoire ou d’autres malaises s’élève durant cette période. »

 

* M. Farah est membre de l’équipe scientifique du projet « Pollution de l’air de Beyrouth. Mesures et modélisation ». Ce projet s’inscrit dans le cadre d’une coopération entre 3 partenaires : le Conseil régional Île-de-France, la Municipalité de Beyrouth, l’Université St-Joseph – Faculté des sciences et le département de géographie de la Faculté des sciences humaines.

 

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