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Études vs Sport, vont-ils ensemble ? Imprimer Envoyer
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Comment concilier sa passion du sport et devenir un athlète de haut niveau, quand on est écolier au Liban ? Le club Athletico ouvre le débat de l’impact du sport sur les études lors d’une table ronde animée par des experts sportifs et des personnalités du monde professionnel et académique.

Parmi les intervenants, un ophtalmologue, Dr Ibrahim Dunia, ancien champion national de basket-ball, et M. Karim Khoury, banquier, qui fut champion de tennis. Devant un auditoire bondé de parents et de jeunes sportifs, ils sont venus témoigner de leurs parcours. Pour le médecin, comme pour l’homme d’affaires, le sport est une nécessité primordiale qu’ils ont pratiquée dans leur jeunesse avec passion, persévérance, discipline et sacrifices (on s’entraînait sous le soleil et sous la pluie, pas de sorties la nuit). Leurs victoires, Karim arrive au 1er tour à Wimbledon, les encouragent à envisager des carrières sportives. Mais au moment de faire les choix cruciaux, la raison l’emporte sur la passion. La pression des parents et de la société, ainsi que l’absence d’une structure professionnelle libanaise alliant sport et études, l’emportent. « Par le biais du sport, nous avons acquis des qualités – endurance, concentration, esprit d’équipe, ponctualité – et des valeurs qui s’intègrent à notre mode de vie actuel. Sans compter que le fait d’être membre de l’équipe nationale de basket-ball a été décisif pour mon entrée à Harvard », précise Dr Dunia. Mais leurs rêves de devenir des athlètes professionnels s’envolent à jamais !

 

Au Liban, l’académique passe en premier

S’il est vrai que de nos jours, on est résolument convaincu que tous les élèves doivent faire du sport, il reste que les programmes scolaires chargés sont nettement privilégiés par rapport aux potentiels sportifs. « Même que l’heure de sport est souvent sacrifiée au profit d’un rattrapage scolaire » fait remarquer Mme Joanne Araman, professeur dans une école. Quant aux parents, ils octroient facilement à leurs enfants, une dispense médicale pour éviter le sport. Pourtant le sport est bénéfique, explique Mme Sabah Saliba, psychologue scolaire : Il oxygène le corps comme l’esprit, enseigne à gérer ses émotions (peur, échec…), donne une bonne estime de soi et cultive l’esprit sportif (gagner et perdre)… Le sport est un antidote à la cigarette, l’alcool et la drogue et il pousse les jeunes à se faire des amis. « Les parents ont tort de punir leurs enfants en leur interdisant de faire du sport. Au contraire, ils devraient réclamer plus de matériel sportif dans les écoles et ne pas craindre de diriger leurs enfants vers le professionalisme sportif ».


La filière sport-études : une orientation de plus en plus prisée par les jeunes

De nos jours, le sport à haut niveau est, pour les jeunes, un moyen de réussir et de bien gagner sa vie et bon nombre d’entre eux sont séduits à l’idée de devenir une star du ballon rond, plutôt q’un ingenieur réputé. Choisir entre le sport et les études ? « Un sujet de conflit au sein d’une famille, car les parents pensent que seules les études mènent à la réussite sociale et professionnelle ».Malheureusement, il n’existe pas au Liban de structure d’accueil pour des jeunes qui ont un potentiel sportif et qui veulent concilier entraînements, competitions et études, explique Élie Saadé, éducateur sportif. « À l’etranger, ceux qui sont doués sont répérés très tôt et orientés dans des écoles où l’on adapte les études aux contraintes du sport intensif. On les prépare à devenir des professionnels »

 

Tomy Hamod : « Je souhaite devenir footballeur professionnel »

Élève de 2de au Grand-Lycée Nahr-Ibrahim , Tomy (15 ans et demi) joue au foot depuis l’enfance. Aujourd’hui, il fait partie du club Chabab al-Arab et de l’équipe du Liban de football qu’il a menés à la victoire lors de divers matchs internationaux. Désigné meilleur tireur (15 buts) en 2009, Tomy pense rejoindre une filière sport-études en France. « J’irai en avril faire un try-out (essai) dans un club de foot de deuxième divison, pour évaluer mon niveau » dit-il confiant. Son but ? Jouer du foot à plus haut niveau, passer le bac et signer un contrat de joueur pro. « Ce choix impose discipline et rigueur, car il faut maintenir un bon niveau scolaire et sportif. Sandra, la mère de Tomy, est fière de son fils et le soutient quoiqu’elle appréhende de le laisser partir, si jeune. Mais les carrières des athlètes sont éphémères et il est important que Tomy puisse réaliser son rêve.

 

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