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Un parc public pour les skateurs Imprimer Envoyer
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Les « skateurs » du Liban se regroupent en association et militent pour la création d’un parc de skate public.

Ghassan al Salman a 22 ans, étudie le marketing, et fait du skateboard depuis l’âge de 13 ans.

« À l’époque, c’est le jeu vidéo Tony Hawks Pro Skater 2 qui m’a fait découvrir le skate, se souvient-il. J’ai acheté une planche bon marché à Hamra, et je me suis lancé. Depuis, je n’ai jamais plus arrêté. »

Comme tous les jeunes skateurs libanais, c’est dans la rue que Ghassan a appris sa nouvelle passion. Sur les trottoirs, les rampes d’escaliers, les pentes de Beyrouth, et au milieu des voitures et des piétons, souvent agacés par cette intrusion. « Les agents de sécurité nous chassent souvent des endroits où nous sommes », témoigne Ghassan. Car au Liban, il n’y a pas d’espace public dans lequel les skateurs peuvent s’exercer. « Même les jardins publics nous sont interdits », déplore le jeune homme.

L’année dernière, lorsque l’accès à la corniche leur a été bloqué, les jeunes skateurs ont organisé une manifestation pour réclamer une solution alternative. C’est là que Ghassan rencontre Élias Fayad, qui les encourage à se regrouper en association. Ils forment alors la Lebanese Skateboarding Association, une ONG dont l’objectif est la construction de parcs de skate publics et gratuits au Liban. « Il existe un parc à Beyrouth, mais il est payant (environ 10 dollars par jour)» explique Ghassan.

 

À la recherche du terrain parfait

L’association a déjà approché les municipalités, pour leur demander de mettre à sa disposition un terrain vide et non utilisé. « Nous ciblons les terrains sous les ponts, explique Élias Fayad, car ce sont des endroits non utilisés, et le pont offre un toit qui met le parc à l’abri des intempéries. » A priori, les municipalités sont intéressées, même si les négociations n’ont pas encore abouti.

« Nous avons également rencontré l’Association internationale de la publicité pour prévoir un espace pour les annonceurs », raconte Ghassan. La construction d’un parc est chère, « ça peut s’élever à 200 000 dollars, voire plus ». Il faut un financement .

 « Une fois que nous aurons le terrain, nous approcherons les skateurs pour leur demander quelles attractions ils souhaitent avoir dans le parc », affirme Ghassan. La communauté actuelle est d’environ 300 personnes, mais l’association estime que d’ici cinq ans, ce nombre sera multiplié par 10, et qu’il lui faudra 6 parcs répartis dans tout le Liban pour pouvoir s’entraîner.

«Un parc de skate fournit une scène aux skateurs pour communiquer, s’enthousiasme le jeune homme. Il offre un endroit sûr pour les débutants, permet d’améliorer la technique des skateurs, leur créativité, leur persévérance et leur détermination. »

 

Le saviez-vous ?

Selon des statistiques compilées aux États-Unis, on se blesse moins en faisant du skate (20,2 blessures pour 100 000 pratiquants) qu’en jouant au football (62) ou au basketball (223,5).

 

Marie-José DAOUD

 


 

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