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Au Musée national, pour une soirée, la tombe de Tyr a ouvert sa porte pour révéler ses fresques restaurées. Un chef-d’œuvre de l’art funéraire romain du IIe siècle.
«Retenez votre souffle, demande Anne-Marie Ofeiche, conservatrice du Musée national, aux visiteurs, en pénétrant dans la tombe de Tyr située au sous-sol du Musée. Le spectacle qui s’offre aux yeux est époustouflant. Au-dessus des 14 loculi (cavités) dans lesquels étaient placés les sarcophages, des fresques décorent les 4 murs de l’hypogée (tombe).
Scènes de la mythologie gréco-romaine
Tout d’abord, on peut voir deux sirènes musiciennes (corps d’oiseau et queue de paon) tenant l’une la lyre et l’autre la double flûte, qui accueillent le défunt pour le transporter vers l’au-delà. Ensuite, défile le mythe du supplice de Tantale puni par les dieux à souffrir éternellement de soif et de faim, suivi d’Héraclès ramenant Alceste du domaine des morts à la vie. Sur le mur de face, on reconnait Hermès, messager des dieux, venu reprendre Perséphone enlevée par Hadès, le dieu des enfers. On peut voir aussi une peinture d’Achille recevant Priam, le père d’Hector, venu le supplier de lui rendre le corps de son fils, suivi d’une représentation d’Héraclès domptant Cerbère, le chien à trois têtes, gardien des enfers, qui symbolise le passage du monde terrestre au monde souterrain.
« Les monnaies et les lampes romaines trouvées dans cette tombe ont permis de la dater du 2e siècle, précise Anne-Marie. Il semblerait aussi qu’elle n’ait été utilisée que durant une cinquantaine d’années. Une seule inscription “ Courage, nul n’est immortel ” est peinte au-dessous d’un des loculi. Le nom du commanditaire n’est pas connu. »
À savoir
« Cette tombe a été fortuitement découverte, en 1937, à Borj Chemail, à 3 km de Tyr, par un agriculteur », raconte Anne-Marie. Creusée dans le rocher, on lui accédait par un escalier de 26 marches. En 1939, les murs furent détachés et conservés au sous-sol du Musée national. Durant la guerre (1975-1995), le musée est resté fermé et les fresques ont été gravement endommagées par les remontées d’eau et l’humidité du sous-sol. Grâce à l’aide financière du bureau de la Coopération italienne qui a débloqué la somme de 194 000 euros, ces fresques ont été restaurées par une équipe italo-libanaise entre 2010 et 2011.
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